Un nouveau séisme secoue le Port de Douala. Une correspondance confidentielle attribuée au chef d’état-major particulier du président Paul Biya a déclenché une tempête institutionnelle autour du contrat de scanning portuaire. Qui a réellement parlé au nom du chef de l’État ? Entre arbitrage du Premier ministre, rivalités administratives et soupçons d’ingérence militaire, Yaoundé vit une crise de confiance sans précédent. Derrière cette enquête ordonnée au sommet, une question brûle les lèvres : qui manipule l’autorité présidentielle ?
L’affaire débute avec une note confidentielle attribuée au général Emmanuel Amougou, chef d’état-major particulier du président. Datée du 26 février, elle évoquait une prétendue instruction présidentielle visant à favoriser le départ de l’opérateur SGS du Port autonome de Douala au profit d’une autre société. Rapidement, cette lettre devient l’élément central d’un affrontement politique et administratif opposant plusieurs acteurs clés de l’État.
Selon des sources proches du dossier, le ministre des Finances Louis-Paul Motaze aurait immédiatement contesté la validité de cette « haute instruction », estimant que seul le chef du gouvernement pouvait arbitrer un contrat public engageant l’État. Dans les couloirs du PAD à Douala, la tension monte. Le directeur général Cyrus Ngo’o se retrouve au cœur d’un bras de fer institutionnel qui dépasse largement la gestion portuaire.
Pour certains observateurs, cette correspondance soulève une interrogation fondamentale : comment une instruction stratégique peut-elle circuler sans validation formelle des circuits administratifs habituels ? « Depuis quand un officier militaire intervient-il directement dans la gestion d’un contrat civil ? » glisse une source administrative interrogée à Yaoundé.
Face à l’escalade, le Premier ministre Joseph Dion Ngute convoque une réunion décisive le 29 janvier. Selon plusieurs indiscrétions, il tranche clairement en faveur du maintien du contrat liant le Port autonome de Douala à SGS, désavouant de facto la note attribuée au général Amougou. Cet arbitrage marque un tournant majeur dans la crise.
Au cours de cette réunion, le chef du gouvernement aurait rappelé que la gestion des contrats stratégiques ne relève pas d’initiatives individuelles, mais d’une décision collective de l’État. Une position ferme qui, selon certaines sources, aurait été accompagnée d’un geste fort : la menace implicite d’une démission pour faire respecter la hiérarchie institutionnelle.
Dans les jours qui suivent, la tension s’intensifie. Des notes de renseignement parviennent au chef de l’État, alertant sur l’usage controversé de son nom dans cette affaire. Paul Biya décide alors de confier une mission discrète à la Direction de la sécurité présidentielle afin d’éclaircir le rôle exact joué par son chef d’état-major particulier.
D’après plusieurs informations concordantes, le général Emmanuel Amougou aurait été entendu de manière informelle par des agents de la garde présidentielle le 3 février. Cette étape devait précéder une audition officielle, mais la procédure aurait connu un rebondissement inattendu : l’officier aurait refusé de se soumettre à un interrogatoire formel avant de quitter les lieux.
Ce refus alimente les spéculations dans les milieux politiques. Certains y voient un signe de crispation interne, d’autres une tentative de préserver la confidentialité d’échanges sensibles au sommet de l’État. Impossible pour l’heure de confirmer si le général a été reçu directement à la résidence présidentielle après cet épisode.
Pendant ce temps, une nouvelle lettre signée par Cyrus Ngo’o vient calmer partiellement le jeu. Datée du 2 février, elle convoque l’opérateur SGS à une réunion pour préparer la reprise des activités de scanning au PAD, en exécution des instructions du Premier ministre. Ce geste est interprété comme une forme de capitulation pragmatique face à l’arbitrage gouvernemental.
Au-delà du scandale, cette affaire met en lumière des tensions profondes au sein de l’appareil d’État camerounais. Entre le ministère des Finances, la direction du Port autonome de Douala et certains cercles proches de la présidence, la bataille autour du scanning portuaire s’est transformée en test grandeur nature de la chaîne de commandement.
La gestion du Port de Douala représente un enjeu stratégique majeur pour l’économie nationale. Selon plusieurs estimations, plus de 90 % des importations transitent par cette plateforme, ce qui explique la sensibilité extrême des décisions prises autour des contrats logistiques. Dans ce contexte, toute ambiguïté sur l’origine d’une instruction présidentielle peut provoquer un choc institutionnel.
Des analystes politiques estiment que l’ouverture d’une enquête a
L’affaire débute avec une note confidentielle attribuée au général Emmanuel Amougou, chef d’état-major particulier du président. Datée du 26 février, elle évoquait une prétendue instruction présidentielle visant à favoriser le départ de l’opérateur SGS du Port autonome de Douala au profit d’une autre société. Rapidement, cette lettre devient l’élément central d’un affrontement politique et administratif opposant plusieurs acteurs clés de l’État.
Selon des sources proches du dossier, le ministre des Finances Louis-Paul Motaze aurait immédiatement contesté la validité de cette « haute instruction », estimant que seul le chef du gouvernement pouvait arbitrer un contrat public engageant l’État. Dans les couloirs du PAD à Douala, la tension monte. Le directeur général Cyrus Ngo’o se retrouve au cœur d’un bras de fer institutionnel qui dépasse largement la gestion portuaire.
Pour certains observateurs, cette correspondance soulève une interrogation fondamentale : comment une instruction stratégique peut-elle circuler sans validation formelle des circuits administratifs habituels ? « Depuis quand un officier militaire intervient-il directement dans la gestion d’un contrat civil ? » glisse une source administrative interrogée à Yaoundé.
Face à l’escalade, le Premier ministre Joseph Dion Ngute convoque une réunion décisive le 29 janvier. Selon plusieurs indiscrétions, il tranche clairement en faveur du maintien du contrat liant le Port autonome de Douala à SGS, désavouant de facto la note attribuée au général Amougou. Cet arbitrage marque un tournant majeur dans la crise.
Au cours de cette réunion, le chef du gouvernement aurait rappelé que la gestion des contrats stratégiques ne relève pas d’initiatives individuelles, mais d’une décision collective de l’État. Une position ferme qui, selon certaines sources, aurait été accompagnée d’un geste fort : la menace implicite d’une démission pour faire respecter la hiérarchie institutionnelle.
Dans les jours qui suivent, la tension s’intensifie. Des notes de renseignement parviennent au chef de l’État, alertant sur l’usage controversé de son nom dans cette affaire. Paul Biya décide alors de confier une mission discrète à la Direction de la sécurité présidentielle afin d’éclaircir le rôle exact joué par son chef d’état-major particulier.
D’après plusieurs informations concordantes, le général Emmanuel Amougou aurait été entendu de manière informelle par des agents de la garde présidentielle le 3 février. Cette étape devait précéder une audition officielle, mais la procédure aurait connu un rebondissement inattendu : l’officier aurait refusé de se soumettre à un interrogatoire formel avant de quitter les lieux.
Ce refus alimente les spéculations dans les milieux politiques. Certains y voient un signe de crispation interne, d’autres une tentative de préserver la confidentialité d’échanges sensibles au sommet de l’État. Impossible pour l’heure de confirmer si le général a été reçu directement à la résidence présidentielle après cet épisode.
Pendant ce temps, une nouvelle lettre signée par Cyrus Ngo’o vient calmer partiellement le jeu. Datée du 2 février, elle convoque l’opérateur SGS à une réunion pour préparer la reprise des activités de scanning au PAD, en exécution des instructions du Premier ministre. Ce geste est interprété comme une forme de capitulation pragmatique face à l’arbitrage gouvernemental.
Au-delà du scandale, cette affaire met en lumière des tensions profondes au sein de l’appareil d’État camerounais. Entre le ministère des Finances, la direction du Port autonome de Douala et certains cercles proches de la présidence, la bataille autour du scanning portuaire s’est transformée en test grandeur nature de la chaîne de commandement.
La gestion du Port de Douala représente un enjeu stratégique majeur pour l’économie nationale. Selon plusieurs estimations, plus de 90 % des importations transitent par cette plateforme, ce qui explique la sensibilité extrême des décisions prises autour des contrats logistiques. Dans ce contexte, toute ambiguïté sur l’origine d’une instruction présidentielle peut provoquer un choc institutionnel.
Des analystes politiques estiment que l’ouverture d’une enquête a