Togo, La République du « Double Standard »: À Quand l’Heure de la Mutation Citoyenne?

Réseau de la Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante (RCDTI) et
Collectif pour la Vérité des Urnes – TOGO – DIASPORA (CVU-TOGO-DIASPORA)
Contact : info@cvu-togo-diaspora.org qui transmettra.

Introduction: Le Togo, Vers la Fin du Mercenariat de la Médiation?

Le Togo, assujetti à la gouvernance d’une famille et de son système, le « système Gnassingbé », fonctionne comme un « petit » État qui a réussi au cours du temps long (six décennies) à jouer sur les contradictions et ambiguïtés nationales, régionales, continentales et internationales pour mieux assurer la sécurité, la survie du régime tout en s’appropriant unilatéralement et exclusivement les ressources du pays afin de s’adapter à tous repositionnements géopolitiques internes et externes. Le Togo avance-t-il inexorablement vers la fin du mercenariat du double standard, et donc du mercenariat de la médiation ?

1. Togo: Le Pays du « Double Standard » de la Survie Politique

Le Togo des Gnassingbé, pays à capacité d’influence et nuisance faible, ne peut pas imposer sa position à l’extérieur, et éprouve les pires difficultés à l’imposer en interne, à tel point que depuis l’immense insurrection populaire de 2017 qui a sérieusement fait vaciller le pouvoir, il s’est vu contraint pour continuer à gouverner d’imposer la peur. Il s’est ainsi spécialisé dans l’instauration de lois liberticides pour imposer au Peuple togolais une démocrature qui criminalise toutes oppositions sérieuses et pacifiques de diverses natures : politique, économique, sociale et citoyenne. Aussi, le système Gnassingbé n’a que deux grands axes optionnels :

– soit composer avec une pratique diplomatique fondée sur le double standard, car embourbé dans le refus systématique de présenter au Peuple le bilan de ses actions passées et la neutralisation de la Constitution de 1992, privant tous citoyens togolais de l’élection au suffrage universel d’un Président légitime ;

– soit institutionnaliser et promulguer l’achat des consciences et la délation rémunérée au rang d’un système de gouvernance dans lequel la corruption, le système juridique et les renseignements servent les dessins d’un système de stabilisation de l’oligarchie et du « système Gnassingbé » au pouvoir.

Autrement dit, Faure Gnassingbé refuse, depuis plusieurs années, de clarifier sa position de Président, légitime ou pas, du Togo devant la Cour de Justice de la CEDEAO dans le cadre d’un procès engagé par l’Association « Collectif pour la Vérité des Urnes et consorts ».

Pourtant les manifestations du double standard du système Gnassingbé sont légion. Un rappel succinct permet d’en établir la véracité.

Le discours officiel du système Gnassingbé est le soutien sans équivoque à une CEDEAO qui s’est alignée sur l’OTAN, et s’appuie sur les forces du Nigéria travaillant avec les forces américaines « Africom » opérant en Afrique pour défendre les intérêts des Etats-Unis. De ce fait, la CEDEAO a remplacé le principe de la stabilité régionale par une tentative non-dissimulée de déstabilisation des régimes qui ne font pas allégeance à ce qui reste d’une CEDEAO. Celle-ci fonctionne encore plus comme un syndicat de chefs d’Etat, depuis le départ des trois pays de l’Alliance des Etats du Sahel, à savoir le Burkina-Faso, le Mali et le Niger. Or, c’est le même Togo qui sous forme de duplicité, a réussi à défendre ses propres intérêts en faisant transiter par le Togo, les marchandises, soit en provenance soit à destination de l’hinterland des pays enclavés du Sahel, tout en faisant lui-même son auto-promotion d’ouverture à des options qui fragilisent cet échafaudage approximatif qui consistent à esquisser un rapprochement avec l’Alliance des États du Sahel. Mais les dirigeants de ces Etats de l’AES ont vite compris la duplicité et n’étant pas dupes des visées réelles du pouvoir de Lomé ont refusé de répondre positivement à la demande d’adhésion du Togo à l’AES.

En effet, l’affichage pro-occidental du Togo, le très haut niveau de corruption et les multiples exercices militaires et autres canaux de renseignements maintenus avec la France et plus largement avec les pays de l’OTAN y compris les Etats-Unis, entretiennent un doute permanent sur le véritable rôle d’un Togo qui pourrait servir d’agent infiltré dans les « fausses relations » avec les pays de l’AES. Alors bien sûr, le Togo se défend en invoquant son refus de se laisser « enfermer » dans un camp ou dans un autre.

Mais la duplicité et le double standard refont surface dès qu’un observateur averti analyse les « bonnes pratiques » du réformateur Faure Gnassingbé qui « brille » par des « pratiques internes » marquées par la personnalisation du pouvoir, la continuité dynastique, une gestion sécuritaire qui empêche systématiquement l’act
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This article was originally published on 27avril.