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Les Détenus Politiques Libérés Sont Reconnaissants et Lancent un Appel à la Conscience Nationale et Internationale

Avant toute parole : la minute de silence comme fondement moral

Avant toute parole, avant toute revendication, avant toute analyse politique ou juridique, Togo Rights and Freedom Network–UK appelle solennellement la Nation togolaise et la communauté internationale éprise de justice, de dignité et de droits humains à observer une minute de silence.

Une minute de silence pour nos frères et sœurs morts en détention.

Une minute de silence pour celles et ceux dont les noms n’ont jamais été prononcés dans les salles d’audience, mais qui demeurent gravés à jamais dans notre conscience collective.

Une minute de silence pour les vies brisées, les corps affaiblis et les destins suspendus derrière des murs qui n’étaient ni des lieux de correction ni des espaces de réhabilitation, mais des lieux de souffrance extrême.

« Un peuple qui oublie ses morts se condamne à revivre leurs souffrances. » — Proverbe africain

Que cette minute de silence traverse les frontières, les peurs et les silences imposés. Qu’elle soit à la fois une prière, un hommage et un engagement.

Au commencement de ce communiqué, nous rendons grâce à Dieu, Maître du temps et de l’histoire.

Dans l’obscurité des cellules, dans l’attente interminable, dans les jours de jeûne, de maladie et de faiblesse, c’est la foi qui a maintenu vivante l’espérance.

« Quand tout semble perdu, la foi devient une forme de résistance. »

Nous rendons grâce pour les vies préservées, pour la force accordée, pour la solidarité suscitée, pour chaque conscience éveillée face à l’injustice. Cette reconnaissance n’est ni résignation ni naïveté. Elle est une force morale dans un combat profondément humain.

Nous Sommes des citoyens devenus prisonniers politiques. Nous sommes des femmes et des hommes togolais. Nous sommes des citoyens ordinaires. Nous ne sommes ni des criminels, ni des ennemis de la Nation.

En exerçant nos droits fondamentaux, beaucoup d’entre nous sont devenus des prisonniers politiques.

Certains ont passé seize années en détention. D’autres neuf, sept ou six années, parfois assez longtemps pour effacer une vie entière. Parmi nous, il y avait des femmes, des mères allaitantes, des personnes malades, des personnes âgées. Nous avons partagé les mêmes murs, les mêmes silences, les mêmes humiliations, les mêmes incertitudes.

« La prison n’enferme pas seulement les corps, elle met à l’épreuve les âmes. »

La détention politique : blessures durables et familles brisées

Nous avons vu certains de nos compatriotes quitter la prison sans jamais revenir vivants. Nous avons vu d’autres en sortir profondément diminués, marqués à vie, physiquement et psychologiquement. Des familles ont été détruites. Des enfants ont grandi sans parents. Des existences ont été suspendues, parfois définitivement.

« La détention arbitraire ne punit pas seulement l’individu, elle punit toute une famille. »

La liberté provisoire : un acquis fragile, non une justice rendue

Aujourd’hui, certains d’entre nous bénéficient d’une liberté provisoire, obtenue à l’issue de longues luttes pacifiques, notamment des grèves de la faim successives, dont la plus récente, illimitée, a duré cinquante-six jours. Cette liberté partielle n’est pas une reconnaissance judiciaire, ni une réparation, ni la vérité. Elle est le fruit d’un rapport de force moral, humain et pacifique.

« Quand la justice tarde, la résistance devient un devoir. »

Clémence présidentielle et silence de la justice
Nous prenons acte des décisions ayant conduit à certaines libérations provisoires sous couvert de clémence présidentielle et de contrôle judiciaire. Cependant, nous constatons avec gravité: aucune reconnaissance officielle des détentions arbitraires, aucune réparation des préjudices subis, aucune vérité judiciaire établie.
La justice n’a pas encore nommé l’injustice.

« Nommer l’injustice, c’est déjà commencer à la réparer. »

Le combat ne peut s’arrêter tant qu’un seul prisonnier politique demeure privé de liberté.
Deuil, responsabilité et suspension de la grève de la faim
Nous adressons nos condoléances les plus sincères aux familles endeuillées. Votre douleur est la nôtre. Votre silence est une accusation contre l’injustice. C’est en leur mémoire que nous avons décidé de suspendre temporairement la grève de la faim, non par renoncement, mais par responsabilité. Cette suspension est un temps de veille et de vigilance.
Reconnaissance et gratitude collectives

Nous saisissons cette occasion pour exprimer notre profonde gratitude à toutes celles et à tous ceux qui, de près ou de loin, ont soutenu ce combat.

Nous remercions : le peuple togolais, les familles des détenus, la diaspora, les défenseurs des dro
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This article was originally published on 27avril.