«Il y a 8 tonnes de déchets en plein milieu des oliviers» : les agriculteurs en première ligne face aux dépôts sauvages

Des entrepreneurs peu scrupuleux, mais aussi des particuliers se passent de passer par les décharges pour déposer encombrants et matériaux. Des déchets qui se retrouvent sur les bords de route, sur des chemins, dans des hangars désaffectés, mais aussi sur des parcelles agricoles, avec toutes les questions que cela soulève, comme ici , près de Marseille. 

Sur un champ d'olivier, Julien Prioul a régulièrement de mauvaises surprises. "Là il y a du plâtre, des morceaux de métal, une conduite d'aération, 7-8 tonnes de déchets... en plein milieu du champ d'oliviers", s'agace-t-il. 

"Il y a des professionnels qui font ça dans le BTP. Et c'est très bénéfique pour eux puisqu'ils font payer l'évacuation des déchets et puis ils ne payent pas la déchetterie, donc ils gagnent deux fois", se désole ce producteur d'huile basé à la Fare les Oliviers qui doit se débrouiller seul pour nettoyer son terrain. 

"Il faut tout évacuer. Et le plâtre, toutes les déchetteries ne le prennent pas. Enfin, à partir du moment où on a ce volume-là, on est considéré comme un professionnel. Donc on se retrouve avec l'obligation de payer les déchets qui ne sont pas les miens", s'alarme Julien. 

Se pose aussi la question de la pollution des sols : "Nous, dans ces champs-là, on crée votre alimentation. Là, le plâtre, ça va se déliter petit à petit, ça va rentrer dans les nappes phréatiques. Pour l'image de l'exploitation, ce n'est pas la meilleure chose", poursuit-il. 

Le fléau se répand, mais certains, comme cette viticultrice, organisent la riposte : "Parfois, on utilise ces déchets pour se faire un petit muret et pour, nous, pouvoir passer à la clôture électrique. Et ça marche. Parfois, on laboure le chemin, du coup, il est plus praticable en voiture", analyse-t-elle. 

Entre les demandes qui restent lettre morte, la difficulté de déposer plainte et les affaires qui finissent classées sans suite, beaucoup se sentent abandonnés et dénoncent des pouvoirs publics qui se renvoient souvent la balle.

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