Dijon. Santé des entreprises : des chiffres d’affaires en baisse dans tous les secteurs en 2025, et en 2026 ?

Dijon. Santé des entreprises : des chiffres d’affaires en baisse dans tous les secteurs en 2025, et en 2026 ?
En Bourgogne-Franche-Comté, qui regroupe majoritairement un tissu de petites et moyennes entreprises, c’est une incertitude fiscale et budgétaire qui a pesé sur l’économie en 2025.

Une incertitude marquée par le contexte politique national et international, avec, notamment, la perturbation du « commerce engendrée par les décisions de Donald Trump », comme le précise Laurent Fraisse , directeur régional de la Banque de France de Bourgogne-Franche-Comté.

Le chiffre d’affaires (CA) global des entreprises a ainsi connu un vif décrochage en 2025. Dans le secteur de l’industrie, seul l’agroalimentaire a su rester en croissance (à hauteur de 0,9 %). Le bois et papier, le caoutchouc ou le plastique ou encore la fabrication d’équipements ont tous perdu plusieurs points de dynamique. L’industrie a également dû faire face à une perte de vitesse de l’activité export dans tous ses domaines, exceptés le bois et le plastique qui n’ont cependant pas permis de contribuer à la croissance de l’activité. Par ailleurs, les effectifs industriels ont connu un certain repli, de -0,2 %.

Concernant les services marchands, ils ont quant à eux connu une baisse de 0,4 % de CA dans la région. Enfin, dans le bâtiment, le CA a diminué de 1,1 % en 2025, et c’est le gros œuvre qui a connu la baisse la plus significative avec -3,1 % de production totale en moins. La construction a cependant connu une hausse des effectifs en Bourgogne-Franche-Comté (BFC) de 2 %.

Selon Laurent Fraisse, ces chiffres s’expliquent en partie par le fait que la région ne dispose pas ou très peu d’aéronautique, mais aussi que le secteur automobile, très présent sur le territoire, est en souffrance. « Nous ne sommes effectivement pas bien positionnés au niveau national. Le secteur automobile est en pleine mutation, il y a une baisse des achats mais aussi la concurrence étrangère qui expliquent ces chiffres. Par ailleurs, les secteurs aéronautique ou naval, avec les chantiers de l’Atlantique, ne sont pas du tout localisés ici. »

Les investissements ont eux aussi diminué drastiquement dans tous les secteurs en 2025 : -14 % dans l’industrie ; -37 % dans les services marchands ; -17 % dans la construction. La Bourgogne-Franche-Comté était la région ayant connu la plus grosse baisse d’activité de ses entreprises dans le secteur de l’industrie (-2,1 %), mais aussi la seule, avec la Corse, à être déficitaire dans tous les secteurs (-0,4 % dans les services marchands et -1,1 % dans le BTP). Enfin, le rythme de croissance des crédits bancaires aux entreprises a lui aussi connu une baisse en BFC. En Côte-d’Or, les crédits mobilisés sont surtout dirigés vers l’agriculture et la sylviculture, qui ont connu une hausse de 4 %. Le secteur des transports, de l’entreposage ou encore de l’information et la communication sont plus en difficulté.

Selon les données de la banque de France BFC, les différents secteurs évoqués connaîtront toutefois un rebond en 2026. Les chefs d’entreprise interrogés se disent plus optimistes avec une augmentation attendue de 3,1 % de CA et de 4,7 % en export. L’augmentation se répartirait ainsi avec 0,8 % dans l’agroalimentaire, 7,9 % dans les équipements électriques ou informatiques ou encore 2,2 % dans le matériel de transport. Les services marchands connaîtraient quant à eux une hausse de 1,5 % du chiffre d’affaires. Seul le BTP devrait connaître un léger recul de 0,4 %. « En dehors du BTP où l’on restera en retrait, on ne sera pas en décalage avec les autres régions. Nous sommes aujourd’hui trop complaisants avec nos faiblesses et pas assez confiants en nos atouts. Il y aura surtout deux défis à relever : ramener le déficit public à 3 % d’ici à 2029, mener des réformes pour muscler la croissance en France et en Europe, mieux investir notre épargne et innover plus vite en simplifiant sans pour autant être dans la dérégulation américaine », précise Laurent Fraisse.

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