Affaire Epstein : mais jusqu’où Jack Lang s’accrochera-t-il ?

Affaire Epstein : mais jusqu’où Jack Lang s’accrochera-t-il ?
Depuis quelques jours, Jack Lang tient à le préciser dès qu’il se trouve devant un micro ou des caméras : non, il n’est pas dans la tourmente

Son nom est cité plusieurs centaines de fois dans la masse de documents rendus publics par la justice américaine en fin de semaine dernière sur l’affaire Epstein ? Et alors, il ne vérifie pas le CV ni le casier judiciaire des très nombreuses personnes qu’il est amené à rencontrer, surtout si elles sont « charmantes » et « généreuses », deux qualificatifs qu’il emploie volontiers concernant le prédateur sexuel, avant de se raviser et d’ajouter que, bien entendu, celui-ci a commis des crimes abominables.

C’est préférable, en effet, de le préciser. Préférable, mais peut-être pas suffisant pour sauver, cette fois, l’indéboulonnable pilier de la gauche caviar et culture.

Le sauver non d’éventuelles poursuites judiciaires, car absolument rien dans ces nouveaux éléments n’indique que Jack Lang ait été mêlé, de près ou de loin, aux agissements pédocriminels d’Epstein. Mais le sauver de l’oisiveté qu’il semble redouter, puisqu’à 86 ans, il ne parvient pas à garder son calme quand lui est posée la question d’une éventuelle démission de la présidence de l’Institut du monde arabe (IMA), poste qu’il occupe depuis 2013.

Pourtant, plusieurs personnalités politiques considèrent que ce serait une bonne idée de partir dans la dignité, avec un argument de poids : protéger l’institution.

Parmi celles-ci : son prédécesseur à l’IMA, Renaud Muselier, aujourd’hui président de la région Paca, ou encore le premier secrétaire du PS Olivier Faure. Et aussi, toujours prête, l’excellente Ségolène Royal qui rêve peut-être de récupérer cette fonction très gratifiante à tous points de vue.

Les nombreux courriels que Jack Lang a échangés avec le milliardaire montrent non seulement une proximité, mais aussi une situation d’obligé, voire de quémandeur, quand par exemple l’ex-ministre de la Culture sollicitait une contribution qui serait « décisive » pour la réalisation d’un film à sa gloire. Résultat : 50 000 euros versés via une société offshore.

C’était en 2018, dix ans après la première incarcération d’Epstein pour « sollicitation de mineure en vue de prostitution ». Caroline Lang, fille de Jack, elle aussi en contact avec le sulfureux financier, en était informée depuis 2014, selon ses propres déclarations. Mais son père, lui, assure n’en avoir rien su et être « tombé de l’armoire » quand le scandale a éclaté en 2019.

Elle a démissionné de ses fonctions de déléguée générale du Syndicat de la production indépendante (SPI) dès que ses liens avec Epstein ont été révélés. Mais son père, lui, refuse avec la dernière énergie d’en faire autant puisqu’il est, comme il le répète à qui veut l’entendre, « blanc comme neige ». « Blanc comme neige », une expression pour le moins malheureuse dans un contexte aussi glauque.

Il faudra qu’il trouve mieux quand il se rendra à la convocation du Quai d’Orsay, qui exerce la tutelle de l’Institut du monde arabe avec le ministère de la Culture. L’Élysée a tenu à faire savoir qu’Emmanuel Macron était à l’origine de cette demande d’explications.

Le chef de l’État avait tergiversé pendant des mois avant de reconduire Jack Lang pour un quatrième mandat, en 2023. Preuve que la procrastination n’est pas la meilleure méthode pour prendre les bonnes décisions…

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