En 2013, la Slovaque Nadia Marcinko est une petite vedette dans le milieu si masculin de l’aviation. Sous le surnom de « Global Girl », cette beauté blonde diffuse, sur sa chaîne YouTube, des vidéos d’elle jouant les gracieuses copilotes. On l’y voit, assise dans la cabine d’un bimoteur, écouter les directives de l’homme qui se trouve à sa droite, s’emparer des manettes, aider au décollage. L’ex-top-modèle, qui aurait financé sa formation de pilote avec l’argent du mannequinat, entretient sa propre légende.
La réalité est moins édifiante. Son voisin de cockpit, Larry Visoski, est le pilote attitré de Jeffrey Epstein. L’avion en question, un Gulfstream II, appartient au financier. De son vrai nom Nadia Marcinkova, elle est en fait l’une des « coconspiratrices » pour lesquelles Epstein a tenu à étendre son immunité fédérale dans l’accord obtenu en 2008.
Les enquêteurs de Palm Beach ont d’ailleurs repéré Nadia dès 2005 dans le cercle rapproché du pédocriminel, car deux des innombrables adolescentes qui ont défilé au commissariat ont assuré qu’elle participait aux abus sexuels. Victime puis bourreau ? C’est toute la perversion du système d’abus pyramidal que Jeffrey Epstein et Ghislaine Maxwell ont mis en place : transformer les gamines, une fois abusées, en rabatteuses. Si elles recrutent des copines, elles touchent le pactole. Et au sommet de la pyramide, outre Maxwell, quatre drôles de dames entourent et assistent le prédateur.
Sarah Kellen-Vickers, dévolue à la logistique, décrite par plusieurs témoins comme la « lieutenante » de Ghislaine Maxwell, planifierait les rendez-vous et distribuerait parfois l’argent des « massages ». Lesley Groff, l’assistante basée à New York, organiserait les déplacements et coordonnerait les agendas. Le rôle d’Adriana Mucinska-Ross, ex-mannequin polonais embauché par le magnat en 2002, est moins clair. Mais, en les faisant profiter toutes les quatre de son immunité fédérale, Epstein, qui voulait les protéger, a semé le doute sur leur complicité.
Le prénom « Nadia » apparaît d’ailleurs crayonné dès le 22 août 2003 par le commandant de bord dans les registres de vol du Gulfstream II immatriculé N909 JE appartenant à Jeffrey Epstein. Passagère de 17 ans, elle demeure « Nadia » pour quelques trajets avant de se fondre dans les initiales « NM », privilège des seuls initiés. Devenus aujourd’hui radioactifs, ces carnets de vol confirment qu’Epstein, durant des décennies, mène l’essentiel de son existence dans le ciel. Le « Cadet Roussel » de Brooklyn possède des maisons et des amis de l’Ohio à la Floride, de la France au Nouveau-Mexique, et embarque à bord de son Boeing 727 personnalisé ou de son Gulfstream II une dizaine de fois par mois, toujours accompagné de très jeunes femmes.
Malheur aujourd’hui à la personnalité dont le nom apparaît dans les registres de ce Boeing surnommé dans la presse le « Lolita Express ». L’ancien président Bill Clinton est répertorié, avec ses gardes du corps des services secrets, sur 26 vols. Le prince Andrew, Naomi Campbell, le secrétaire d’État au Trésor Larry Summers, l’avocat star Alan Dershowitz, l’acteur Kevin Spacey complètent les listings.
Et les carnets de vol n’ont pas fini de livrer leurs secrets : pouvait-on prendre place à bord du « Lolita Express » et ignorer les agissements du couple Epstein-Maxwell ? Les drôles de dames ont toutes les quatre nié avoir assisté à des actes répréhensibles. Aucune n’est à ce jour poursuivie, faute de preuves de leur complicité. Nadia Marcinkova a fait savoir en 2019, par l’intermédiaire de ses avocats, qu’elle avait été, elle aussi, « sérieusement traumatisée » par Jeffrey Epstein. En 2023, elle déserte son appartement new-yorkais et « Global Girl » disparaît des radars.
Devant sa télévision, à Miami, la journaliste Julie K. Brown bondit. Élu quatre mois plus tôt président des États-Unis, Donald Trump vient de nommer au poste de secrétaire d’État au Travail un certain Alexander Acosta, 48 ans, premier Américain d’origine cubaine à occuper une telle fonction. Julie connaît ce nom. Depuis quelques mois, l’enquêtrice du Miami Herald explore différentes affaires de trafic sexuel en Floride, elle rôde déjà autour de Jeffrey Epstein ; or c’est Acosta qui, en tant que procureur du district sud de Floride, a validé en 2008 son accord de plaider-coupable. La journaliste en est persuadée : une fois auditionné par les sénateurs, Acosta sera recalé.
Pourtant, deux mois plus tard, l’ex-procureur est bien confirmé au cabinet de Donald Trump. Julie K. Brown bouillonne et se met alors au travail, décidée à démontrer la compromission du nouveau secrétaire d’État, à retrouver les dizaines de femmes abusées par le milliardaire et à les convaincre, surtout, de s’exprimer. Coups de téléphon
La réalité est moins édifiante. Son voisin de cockpit, Larry Visoski, est le pilote attitré de Jeffrey Epstein. L’avion en question, un Gulfstream II, appartient au financier. De son vrai nom Nadia Marcinkova, elle est en fait l’une des « coconspiratrices » pour lesquelles Epstein a tenu à étendre son immunité fédérale dans l’accord obtenu en 2008.
Les enquêteurs de Palm Beach ont d’ailleurs repéré Nadia dès 2005 dans le cercle rapproché du pédocriminel, car deux des innombrables adolescentes qui ont défilé au commissariat ont assuré qu’elle participait aux abus sexuels. Victime puis bourreau ? C’est toute la perversion du système d’abus pyramidal que Jeffrey Epstein et Ghislaine Maxwell ont mis en place : transformer les gamines, une fois abusées, en rabatteuses. Si elles recrutent des copines, elles touchent le pactole. Et au sommet de la pyramide, outre Maxwell, quatre drôles de dames entourent et assistent le prédateur.
Sarah Kellen-Vickers, dévolue à la logistique, décrite par plusieurs témoins comme la « lieutenante » de Ghislaine Maxwell, planifierait les rendez-vous et distribuerait parfois l’argent des « massages ». Lesley Groff, l’assistante basée à New York, organiserait les déplacements et coordonnerait les agendas. Le rôle d’Adriana Mucinska-Ross, ex-mannequin polonais embauché par le magnat en 2002, est moins clair. Mais, en les faisant profiter toutes les quatre de son immunité fédérale, Epstein, qui voulait les protéger, a semé le doute sur leur complicité.
Le prénom « Nadia » apparaît d’ailleurs crayonné dès le 22 août 2003 par le commandant de bord dans les registres de vol du Gulfstream II immatriculé N909 JE appartenant à Jeffrey Epstein. Passagère de 17 ans, elle demeure « Nadia » pour quelques trajets avant de se fondre dans les initiales « NM », privilège des seuls initiés. Devenus aujourd’hui radioactifs, ces carnets de vol confirment qu’Epstein, durant des décennies, mène l’essentiel de son existence dans le ciel. Le « Cadet Roussel » de Brooklyn possède des maisons et des amis de l’Ohio à la Floride, de la France au Nouveau-Mexique, et embarque à bord de son Boeing 727 personnalisé ou de son Gulfstream II une dizaine de fois par mois, toujours accompagné de très jeunes femmes.
Malheur aujourd’hui à la personnalité dont le nom apparaît dans les registres de ce Boeing surnommé dans la presse le « Lolita Express ». L’ancien président Bill Clinton est répertorié, avec ses gardes du corps des services secrets, sur 26 vols. Le prince Andrew, Naomi Campbell, le secrétaire d’État au Trésor Larry Summers, l’avocat star Alan Dershowitz, l’acteur Kevin Spacey complètent les listings.
Et les carnets de vol n’ont pas fini de livrer leurs secrets : pouvait-on prendre place à bord du « Lolita Express » et ignorer les agissements du couple Epstein-Maxwell ? Les drôles de dames ont toutes les quatre nié avoir assisté à des actes répréhensibles. Aucune n’est à ce jour poursuivie, faute de preuves de leur complicité. Nadia Marcinkova a fait savoir en 2019, par l’intermédiaire de ses avocats, qu’elle avait été, elle aussi, « sérieusement traumatisée » par Jeffrey Epstein. En 2023, elle déserte son appartement new-yorkais et « Global Girl » disparaît des radars.
Devant sa télévision, à Miami, la journaliste Julie K. Brown bondit. Élu quatre mois plus tôt président des États-Unis, Donald Trump vient de nommer au poste de secrétaire d’État au Travail un certain Alexander Acosta, 48 ans, premier Américain d’origine cubaine à occuper une telle fonction. Julie connaît ce nom. Depuis quelques mois, l’enquêtrice du Miami Herald explore différentes affaires de trafic sexuel en Floride, elle rôde déjà autour de Jeffrey Epstein ; or c’est Acosta qui, en tant que procureur du district sud de Floride, a validé en 2008 son accord de plaider-coupable. La journaliste en est persuadée : une fois auditionné par les sénateurs, Acosta sera recalé.
Pourtant, deux mois plus tard, l’ex-procureur est bien confirmé au cabinet de Donald Trump. Julie K. Brown bouillonne et se met alors au travail, décidée à démontrer la compromission du nouveau secrétaire d’État, à retrouver les dizaines de femmes abusées par le milliardaire et à les convaincre, surtout, de s’exprimer. Coups de téléphon