« Heated Rivalry » : on a vu la romance gay qui affole le monde des séries

« Heated Rivalry » : on a vu la romance gay qui affole le monde des séries
Peu de bookmakers auraient parié sur le succès d’une romance gay entre deux hockeyeurs à la télé. Et pourtant. Dès sa diffusion en novembre dernier au Canada, puis aux États-Unis, la sulfureuse Heated Rivalry a battu tous les records d’audience et affolé les réseaux sociaux pour devenir un phénomène sériel mondial, qui débarque en France sur HBO Max ce vendredi 6 février.

Adaptée de la saga littéraire Game Changers de Rachel Reid, cette « rivalité passionnée » oppose les prodiges de la glace Shane Hollander, capitaine de l’équipe de Montreal Metro, et Ilya Rozanov, à la tête des Boston Raiders. Outre leur appartenance à des équipes concurrentes, tout les prédispose à se détester : le premier est un discret Canadien d’origine japonaise, qui suit sagement les conseils de sa manageuse de mère et offre à la presse l’image du parfait coéquipier ; le second est un Russe arrogant, qui multiplie les frasques et les provocations. Leurs seuls points communs ? Leur passion pour le hockey, leur plastique parfaite… et une irrésistible attirance, qu’ils finissent rapidement par concrétiser.

Mais comment vivre cette relation dans un univers qui glorifie la virilité et stigmatise l’homosexualité ? Tel est le sujet de cette romance torride, qui déploie l’histoire du duo sur huit ans, des premières rencontres clandestines jusqu’à l’émergence de sentiments plus profonds et l’aspiration à une liaison assumée. Si les deux épisodes initiaux semblent essentiellement destinés à faire monter la température, enchaînant les séquences – et les scènes de sexe explicites – à un rythme effréné, la suite prend le temps de s’intéresser à ses héros, d’en saisir les failles et la vulnérabilité. Elle raconte leur solitude, révèle le poids du regard des autres et la difficulté de s’en affranchir et finit par tisser une, ou plutôt deux romances touchantes (mention spéciale aux épisodes 3 et 6), qui déclinent assez classiquement les figures imposées du genre, dont le fameux happy end.

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C’est d’ailleurs sans doute cette absence de drame, souvent associé aux relations queer dans les fictions, qui explique en partie le succès international de Heated Rivalry. Avec son érotisme débridé et assumé, la série vient aussi combler un manque dans les représentations amoureuses d’une communauté récemment déclarée non grata sur les écrans conservateurs, notamment américains. Le public, y compris féminin, en redemande et il est exaucé : Shane et Ilya (dont les interprètes, jusqu’alors inconnus, feront partie des porteurs de la flamme aux prochains Jeux olympiques de Milan) reviendront roucouler lors d’une saison 2 déjà commandée…

Heated Rivalry, saison 1 (HBO Max). De Jacob Tierney, avec Hudson Williams, Connor Storie, François Arnaud. 6x50 min.

Après le gang des Amazones, qui a sévi en novembre dernier au cinéma, une nouvelle bande de braqueuses ambitionne de faire un hold-up sur les audiences de Netflix avec Les Lionnes, en ligne depuis le 5 février. Comme le film, cette création originale française est inspirée du fait divers qui avait défrayé la chronique au tout début des années 90 : pour échapper à la précarité, cinq amies cambriolaient sept banques dans le sud de la France, déguisées en hommes, avant de se faire arrêter. Même point de départ pour la série qui s’ouvre alors que Rosa, mère célibataire de deux enfants et agent d’accueil dans une banque, apprend qu’elle doit rembourser les dettes de son mari, désormais emprisonné. Et se contenter de 30 euros par semaine pour nourrir ses enfants… Avec sa cousine Alex et ses amies Kim et Sofia, elles aussi fauchées, elle décide de prendre l’argent où il est : dans son établissement bancaire. Mais même l’aide d’une alliée inattendue ne les préserve pas de représailles : la police, les dealeurs de la cité et les criminels en col blanc mettent tout en œuvre pour les identifier… et les éliminer.

Entre autres produite par Jonathan Cohen et Benjamin Bellecour et portée par une brochette de comédiennes (et de comédiens comme François Damiens) à l’indéniable talent comique, ces Lionnes avaient sur le papier le potentiel de nous faire rugir de rire.

Encore aurait-il fallu qu’elles choisissent leur camp, entre franche parodie, comédie d’action mainstream et satire sociale. Faute de se positionner, nos héroïnes versent trop souvent dans la caricature et frôlent le ridicule lors de leurs poussives mésaventures. Résultat : si elles nous arrachent parfois un sourire, notamment grâce à l’abattage de Zoé Marchal, elles nous agacent la plupart du temps. Pire : elles nous fatiguent.

Les Lionnes, saison 1 (Netflix). De Olivier Rosemberg et Carine P
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