À quelques semaines des municipales, voilà une décision qui n’a pas manqué de provoquer l’ire de La France insoumise. Jeudi 5 janvier, le parti de Jean-Luc Mélenchon a eu la surprise de découvrir que le ministère de l’Intérieur l’avait classé à l’extrême gauche, dans une circulaire qui attribue des nuances politiques aux candidats aux prochaines élections municipales. Pour LFI, c’est une première, et ça n’a pas manqué de faire réagir son chef, qui, sur X, a dénoncé une décision « à la Trump », venue d’une « république bananière ».
« Nunez [Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur] innove et trouble l’ordre public électoral », a-t-il accusé, quand le coordinateur national du parti, Manuel Bompard, a fustigé une « magouille », rappelant que « ce n’était pas le cas en 2023 pour les élections sénatoriales, ni en 2020 pour les dernières élections municipales ». « Il existe bien une extrême gauche en France. Elle se revendique comme telle et elle est tout à fait respectable […] Cette manœuvre est une opération malhonnête du ministre de l’Intérieur qui veut manipuler les nuances pour tenter d’affaiblir La France insoumise », a encore expliqué Manuel Bompard, annonçant un recours devant le Conseil d’État.
Pour LFI, le procédé est clair : accoler l’étiquette d’extrême gauche permet à ses adversaires de les mettre dos à dos avec le Rassemblement national. Mais la réalité est beaucoup plus nuancée. Pour rappel, cette circulaire, éditée par la Place Beauvau à chaque élection et adressée aux préfets et hauts-commissaires, clarifie la sensibilité politique des listes, afin de faciliter l’analyse des résultats. C’est d’autant plus nécessaire pour les municipales, car les candidats ne sont pas nécessairement rattachés à un parti.
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La circulaire souligne que qu’un candidat officiellement investi par un parti doté d’une nuance propre se voit attribuer cette nuance. Une nuance individuelle qui concerne donc les candidats investis par LFI, ou par les socialistes, les Verts, Renaissance… Jusqu’à Reconquête à l’extrême droite. En revanche, si le candidat n’appartient pas ou n’a pas reçu d’investiture officielle mais est soutenu par un parti avec une nuance propre (ou est investi ou soutenu par un parti sans nuance propre), la circulaire indique qu’il peut donc être attribué une « nuance de sensibilité ».
Ces nuances sont au nombre de neuf : extrême gauche (EXG), Divers gauche (DVG), écologiste (ECO), divers (DIV), régionalistes (REG), divers centre (DVC), divers droite (DVD), droite souverainiste (DSV) et extrême droite (EXD). Elles sont comprises dans la grille des nuances individuelles. Par exemple, le libellé EXG désigne les « candidats investis ou soutenus par des partis d’extrême gauche, notamment Lutte ouvrière ; le nouveau Parti Anticapitaliste ; Parti ouvrier indépendant, etc. », et le libellé EXD comprend les candidats d’extrême droite hors UDR, RN ou Reconquête. LFI possède donc son propre libellé, comme de nombreux autres partis.
Le ministère de l’Intérieur propose également une « grille des nuances des listes », qui attribue une nuance à une liste dans son ensemble. Le système est similaire : si un candidat est investi officiellement par une seule formation politique qui possède une nuance propre, elle lui est attribuée : LFI, LCOM (liste des communistes), LSOC (liste des socialistes)… Mais une nuance existe si, par exemple, la liste reçoit le soutien de plusieurs formations politiques issues de « différents blocs de clivages ». Là, il est possible d’accorder une autre nuance de sensibilité : LEXG, LDVG, LDVC, LDVD, LDSV, LEXD. Une liste NPA ou une liste POI sera classée comme liste d’extrême gauche.
C’est dans le terme « bloc de clivage » que réside toute la colère de La France insoumise. Il faut s’intéresser aux « grilles de regroupement des nuances politiques par blocs de clivages des nuances individuelles et de liste », qui regroupe les deux précédentes nuances. Ainsi, LFI est rangé dans un bloc EXG, qui comprend la nuance EXG (candidats Lutte ouvrière, NPA, POI, etc.) et la nuance LFI (candidats LFI). Le bloc GAU (gauche) regroupe les communistes, socialistes, radicaux de gauche, écologistes… Par exemple, une liste soutenue par LFI et le PS pourra être classée à l’extrême gauche, en fonction des candidats qui composent la liste. Ces blocs sont particulièrement importants dans le comptage des résultats, et il convient de souligner que, même si la classification à l’extrême gauche ne concerne qu’une catégorie bien particulière, le ministère de l’Intérieur n’a pas justifié ce cho
« Nunez [Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur] innove et trouble l’ordre public électoral », a-t-il accusé, quand le coordinateur national du parti, Manuel Bompard, a fustigé une « magouille », rappelant que « ce n’était pas le cas en 2023 pour les élections sénatoriales, ni en 2020 pour les dernières élections municipales ». « Il existe bien une extrême gauche en France. Elle se revendique comme telle et elle est tout à fait respectable […] Cette manœuvre est une opération malhonnête du ministre de l’Intérieur qui veut manipuler les nuances pour tenter d’affaiblir La France insoumise », a encore expliqué Manuel Bompard, annonçant un recours devant le Conseil d’État.
Pour LFI, le procédé est clair : accoler l’étiquette d’extrême gauche permet à ses adversaires de les mettre dos à dos avec le Rassemblement national. Mais la réalité est beaucoup plus nuancée. Pour rappel, cette circulaire, éditée par la Place Beauvau à chaque élection et adressée aux préfets et hauts-commissaires, clarifie la sensibilité politique des listes, afin de faciliter l’analyse des résultats. C’est d’autant plus nécessaire pour les municipales, car les candidats ne sont pas nécessairement rattachés à un parti.
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La circulaire souligne que qu’un candidat officiellement investi par un parti doté d’une nuance propre se voit attribuer cette nuance. Une nuance individuelle qui concerne donc les candidats investis par LFI, ou par les socialistes, les Verts, Renaissance… Jusqu’à Reconquête à l’extrême droite. En revanche, si le candidat n’appartient pas ou n’a pas reçu d’investiture officielle mais est soutenu par un parti avec une nuance propre (ou est investi ou soutenu par un parti sans nuance propre), la circulaire indique qu’il peut donc être attribué une « nuance de sensibilité ».
Ces nuances sont au nombre de neuf : extrême gauche (EXG), Divers gauche (DVG), écologiste (ECO), divers (DIV), régionalistes (REG), divers centre (DVC), divers droite (DVD), droite souverainiste (DSV) et extrême droite (EXD). Elles sont comprises dans la grille des nuances individuelles. Par exemple, le libellé EXG désigne les « candidats investis ou soutenus par des partis d’extrême gauche, notamment Lutte ouvrière ; le nouveau Parti Anticapitaliste ; Parti ouvrier indépendant, etc. », et le libellé EXD comprend les candidats d’extrême droite hors UDR, RN ou Reconquête. LFI possède donc son propre libellé, comme de nombreux autres partis.
Le ministère de l’Intérieur propose également une « grille des nuances des listes », qui attribue une nuance à une liste dans son ensemble. Le système est similaire : si un candidat est investi officiellement par une seule formation politique qui possède une nuance propre, elle lui est attribuée : LFI, LCOM (liste des communistes), LSOC (liste des socialistes)… Mais une nuance existe si, par exemple, la liste reçoit le soutien de plusieurs formations politiques issues de « différents blocs de clivages ». Là, il est possible d’accorder une autre nuance de sensibilité : LEXG, LDVG, LDVC, LDVD, LDSV, LEXD. Une liste NPA ou une liste POI sera classée comme liste d’extrême gauche.
C’est dans le terme « bloc de clivage » que réside toute la colère de La France insoumise. Il faut s’intéresser aux « grilles de regroupement des nuances politiques par blocs de clivages des nuances individuelles et de liste », qui regroupe les deux précédentes nuances. Ainsi, LFI est rangé dans un bloc EXG, qui comprend la nuance EXG (candidats Lutte ouvrière, NPA, POI, etc.) et la nuance LFI (candidats LFI). Le bloc GAU (gauche) regroupe les communistes, socialistes, radicaux de gauche, écologistes… Par exemple, une liste soutenue par LFI et le PS pourra être classée à l’extrême gauche, en fonction des candidats qui composent la liste. Ces blocs sont particulièrement importants dans le comptage des résultats, et il convient de souligner que, même si la classification à l’extrême gauche ne concerne qu’une catégorie bien particulière, le ministère de l’Intérieur n’a pas justifié ce cho