Gaza NOS RÉPONSES À VOS QUESTIONS

Les massacres perpétrés par le Hamas le samedi 7 octobre 2023 sont d’une ampleur et d’une brutalité inédite dans le conflit israélo-palestinien. Dans les jours qui ont suivi ces massacres, Médecins Sans Frontières (MSF) a offert son soutien aux hôpitaux israéliens, qui l’ont décliné.

La riposte d'Israël s’est traduite par une campagne génocidaire quasiment ininterrompue de bombardements d’une intensité encore jamais vue sur une zone densément peuplée et enclavée comme Gaza : une grande partie des zones habitées, notamment dans le nord et le centre de la bande, ont pratiquement été effacés de la carte. Un siège est également imposé aux quelque 2 millions d’habitants de la bande de Gaza, qui dépendaient déjà à 80 % de l’aide extérieure avant le 7 octobre, dans le contexte d’un blocus imposé par Israël et l’Égypte depuis 2007 sur ce territoire.

C’est cette guerre totale menée depuis octobre 2023 par l’armée israélienne que MSF a documentée de façon extensive sur le site gazainsidethewar.com. Cette plateforme rassemble les informations et les témoignages recueillis par ses équipes entre le 7 octobre 2023 et le 1er février 2025, et documente plus particulièrement les attaques contre le système de santé et les humanitaires, dont les équipes de MSF ont été les témoins et les victimes.

L’enregistrement de MSF en Israël ayant pris fin le 31 décembre 2025, nous ne sommes plus autorisés à acheminer du matériel médical et à maintenir les rotations de notre personnel international à Gaza. 

Cependant, à l'heure actuelle, MSF maintient ses activités à Gaza et en Cisjordanie. Dans la bande de Gaza, MSF continue de gérer un cinquième des quelque 2 300 lits d’hospitalisation encore existants; un accouchement sur trois se fait dans une structure hospitalière dans laquelle nous intervenons. Nous fournissons également des millions de litres d’eau par jour, et assurons des soins dont l’offre fait cruellement défaut à Gaza, comme la prise en charge des grands brûlés.  

Nous souhaitons continuer d’apporter une assistance aux Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie, et nous appelons les autorités israéliennes à proposer des conditions d’intervention acceptables, qui permettent notamment d’assurer la sécurité du personnel MSF et de ses patients. 

Ce que nos équipes médicales ont observé sur le terrain en plus de deux ans de conflit, c’est une guerre génocidaire menée par l’armée israélienne et un nettoyage ethnique, alors que les Palestiniens sont déplacés de force, pris au piège et bombardés.

Selon les autorités locales, du 7 octobre 2023 au 1er décembre 2025 plus de 70.000 personnes ont été tuées, dont près d'un tiers sont des enfants, 170.909 autres ont été blessées, et des milliers de personnes sont encore portées disparues (OCHA).

Début octobre 2025, l'annonce de la première phase du cessez-le-feu apporte un moment de répit aux Palestiniens épuisés, affamés et en deuil. La population a besoin de tout : équipements médicaux, médicaments, nourriture, eau, carburant et abris adéquats pour deux millions de personnes qui vont devoir affronter l’hiver dans des abris de fortune. Ce cessez-le-feu doit être respecté, durable, et s'accompagner d'une augmentation immédiate, massive et durable de l'aide humanitaire dans et à travers la bande de Gaza.

Selon l'Organisation mondiale de la santé, plus de 18 500 personnes attendent actuellement d'être évacuées de Gaza pour raisons médicales, dont 22 % sont des enfants, car les traitements vitaux dont ils ont besoin ne peuvent être dispensés dans la bande de Gaza. Les autorités israéliennes doivent faciliter l'évacuation médicale de tous les patients qui en ont besoin et ceux-ci doivent être autorisés à voyager avec au moins un accompagnateur. Leur droit à un retour sûr, volontaire et digne à Gaza doit être pleinement respecté, s'ils choisissent de le faire. Les personnes qui ont été évacuées pour raisons médicales, ainsi que leurs accompagnateurs, doivent également bénéficier de conditions de vie sûres et dignes dans les pays d'accueil. 

Selon les registres du ministère de la Santé (MOH), 1 092 patients sont décédés alors qu'ils attendaient leur évacuation médicale entre juillet 2024 et le 28 novembre 2025. Cependant, ce chiffre est probablement sous-estimé, car il repose uniquement sur les décès signalés. 

Si certains pays ont assumé leur part de responsabilité, d'autres n'ont accepté que très peu de patients, voire aucun. Ainsi en octobre 2025, la France n’avait accepté que 27 patients. Cette inaction est indéfendable. 

Déclaration de MSF concernant le partage d’informations sur son personnel en Palestine

Après de nombreux mois d’échanges infructueux avec les autorités israéliennes, et en l’absence de garanties permettant d’assurer la sécurité de son person
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